/ LE PAYSAGE COMME ÉCOSYSTÈME RÉSILIENT
Pourquoi diversifier les plantations est-il devenu un enjeu de conception ?
Les grands incendies et les épisodes de canicule qui se multiplient à travers le monde, ont ravivé, une fois de plus, la nécessité d’intégrer les effets du dérégelement climatique dans les projets d’aménagement. Au-delà du constat, ces événements interrogent notre manière de planter les villes, les parcs et les espaces publics.
Pendant longtemps, les palettes végétales ont privilégié l’homogénéité, les effets paysagers immédiats ou la simplicité d’entretien.Aujourd’hui, les enjeux ont changé. Diversifier les essences, favoriser les espèces locales et adapter les plantations aux conditions du territoire deviennent des leviers de résilience autant que des choix de conception.
Cette diversité répond autant à des objectifs écologiques que paysagers. Elle limite la vulnérabilité des plantations face aux maladies, aux parasites et aux épisodes de sécheresse, tout en renforçant la biodiversité et la capacité d’adaptation des paysages. Un paysage diversifié est un paysage capable d’évoluer avec son environnement.
Cette approche a par exemple guidé le projet paysager du campus de l’Université Internationale de Rabat. Les nouveaux espaces plantés ont été conçus à partir d’une palette végétale largement composée d’espèces autochtones ou méditerranéennes, adaptées au climat de Rabat et à ses longues périodes sèches.
L’objectif n’est pas de reproduire un paysage naturel, mais de composer avec les ressources du territoire. En limitant les besoins en irrigation, en privilégiant des espèces déjà adaptés aux conditions locales et en diversifiant les strates végétales, le projet inscrit le campus dans une démarche de sobriété, de résilience et de pérennité.
Le choix des végétaux dépasse ainsi la seule dimension esthétique. Il conditionne le fonctionnement écologique du site, ses besoins d’entretien, sa consommation en eau et sa capacité à faire face aux évolutions climatiques.
Le projet du campus de l’UIR rappelle qu’un paysage se conçoit sur le temps long. Planter, c’est anticiper les équilibres de demain autant que dessiner ceux d’aujourd’hui.
Poursuivez la réflexion en découvrant le chapitre « Nature et Paysage » de notre ouvrage Paysages en partage.

